Tuesday, July 29, 2008

Mahmoud HARB - L'orient Le Jour

Le tandem Hezbollah-CPL revient
à l’attaque dans un parfait unisson
28/07/2008
L'orient Le Jour
«Nous aspirions à un gouvernement d’union nationale. Mais en toute franchise, nous ne réclamons plus l’union nationale, mais simplement un partenariat dans la prise des décisions »… 
C’est en ces termes que le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a sonné le glas de l’aberration constitutionnelle et politique, généreusement baptisée par l’accord de Doha « gouvernement d’union nationale ».
Il était certes évident dès le début, dès la parution du décret de formation du second cabinet Siniora, que le nouvel organe exécutif était voué à l’échec, à la paralysie, car, comme l’a relevé le patriarche maronite, « une voiture ne peut être attelée à deux chevaux dont l’un tire vers l’avant et l’autre vers l’arrière ». Néanmoins, un semblant de cohésion, de collaboration était préservé par les différents chefs de file et responsables des deux camps qui s’étaient évertués à maquiller leurs divergences intrinsèques et à refléter une ambiance « positive ». Même Hassan Nasrallah avait mis la main à la pâte, lors de sa dernière allocution, en se disant prêt à prendre « personnellement » part à toute discussion qui puisse aboutir à des résultats permettant de consolider l’union nationale.
Mais le parti de Dieu, par le truchement de son tonitruant député Mohammad Raad, a porté un sérieux coup à la détente globale. En effet, il a dénué de tout sens le débat au sein de la commission de rédaction de la déclaration ministérielle ainsi que le futur dialogue national à Baabda, en soulignant hier qu’« il n’y a pas de Liban sans Résistance ». Mohammad Raad a donc imposé une conclusion péremptoire à toute négociation autour de la stratégie de défense nationale d’autant qu’il a martelé que « la Résistance est un choix inéluctable et toutes les autres options sont vouées à l’échec ».
Le député du parti de Dieu a également versé de l’huile sur le feu et attisé la polémique stérile qui s’était progressivement dissipée avec l’élection du président Sleiman et la formation du nouveau cabinet. Il a en effet fait clairement allusion à l’épisode douloureux de la campagne militaire de son parti contre Beyrouth et la Montagne, en accusant ceux qu’il s’est « abstenu de qualifier de traîtres » de « tenter de faire du bruit autour des armes de la Résistance pour attirer l’attention de ceux qui les ont abandonnés, lorsque leur projet a été vaincu ».
Des propos similaires à ceux de Mohammad Raad ont été tenus simultanément par différents ténors du 8 Mars et notamment les ministres Mohammad Khalifé, Talal Arslane, l’ancien ministre Wi’am Wahhab ainsi que divers responsables du parti de Dieu. Étrangement, ce durcissement public des positions de l’ancienne opposition intervient au lendemain de la déclaration qualifiée d’ « embarrassante » par Walid Joumblatt du vice-président iranien, Reza Aghazadeh, qui avait affirmé jeudi que « si les négociations démarraient avec la communauté internationale sur le nucléaire iranien, des solutions seraient trouvées pour des problèmes comme l’Irak, le Liban et le pétrole ».
Les attaques verbales du 8 Mars contre le 14 Mars seraient-elles liées à la « révélation » du responsable iranien ? L’Iran chercherait-il à provoquer une escalade au Liban dans l’espoir d’astreindre l’Occident à lui accorder des concessions ?
L’on ne saurait le dire. Mais ce qui demeure certain, c’est que la montée au créneau du Hezbollah révèle l’échec des négociations bilatérales menées par Fouad Siniora le week-end écoulé et que les divergences au sein de la commission de rédaction sur le « droit » de la « Résistance » à poursuivre la lutte armée restent entières. Le nœud du problème réside dans le fait que le parti de Dieu exige une « inscription claire » dans la déclaration du « droit de la Résistance à libérer le territoire », alors que la majorité rejette tout retour à la formule avalisée par le précédent gouvernement. De source informée, on indique que le Hezbollah aurait rejeté trois propositions en la matière, élaborées, non sans l’aval de Nabih Berry, grâce aux contacts conduits par le Premier ministre, Fouad Siniora. Et la commission de rédaction qui s’est réunie hier pour la neuvième fois n’a toujours pas réussi à s’entendre sur la question à propos de laquelle les « désaccords persistent », comme l’a annoncé le ministre de l’Information Tarek Mitri à la presse, depuis le Grand Sérail.
De plus, la tâche de la commission a été compliquée par « les propos guerriers du député Raad qui a tenté d’exercer des pressions et de menacer » l’instance chargée de rédiger la déclaration ministérielle, selon les termes employés par le ministre Nassib Lahoud. Tarek Mitri a également dénoncé de son côté « le retour au langage menaçant de l’avant-Doha ». Et le chef du PSP a pour sa part jugé « inadmissible » le discours du chef du bloc Hezbollah « qui a clairement affirmé que tout refus de l’adoption de la précédente déclaration ministérielle serait un acte de félonie ».

Le dynamitage de Paris III par le CPL

L’infrastructure militaire du parti de Dieu n’est cependant pas l’unique obstacle auquel se heurte le processus d’élaboration de la déclaration ministérielle. Une source digne de foi a indiqué à L’Orient-Le Jour que le ministre des Télécoms et haut responsable du CPL, Gebran Bassil, a exigé « la suppression pure et simple des accords conclus à Paris III ». « Après de longues discussions, Gebran Bassil a légèrement reculé en revendiquant l’annulation du programme de réformes que le gouvernement s’était engagé à appliquer lors de la conférence Paris III. Ceci reste toutefois complètement inadmissible pour le 14 Mars », a précisé cette source.
Il convient de rappeler que ledit programme a été présenté par le Liban aux pays donateurs et aux instances financières internationales. L’engagement du pays à l’exécuter a constitué une condition sine qua non de l’obtention des aides financières accordées à Paris III. Son abrogation équivaut à la violation par Beyrouth de ses obligations internationales et met dangereusement en péril le versement des dons et prêts qui ont permis au Liban d’éviter de justesse la faillite et de continuer à honorer les paiements dus au titre du remboursement de la dette souveraine. Autrement dit, la reconsidération du programme de réformes nuirait sévèrement à la réputation du Liban sur les marchés financiers, priverait le pays d’une grande partie de la manne de Paris III et le mettrait au bord du défaut de paiement.
Pour la source précitée, l’exigence de Gebran Bassil « est surréaliste et impossible à satisfaire, chose que tout le monde sait ».Pourquoi le CPL a-t-il donc formulé cette demande ?Pour plusieurs observateurs, la revendication du ministre aoriste s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de négociations adoptée par le Hezbollah et le Courant patriotique libre. Ces derniers chercheraient à imposer à la majorité l’équation suivante : le maintien du programme de Paris III ne se fera qu’en échange de la reconnaissance des « droits de la Résistance ».Cette attitude répond clairement au schéma qui prévalait sous l’occupation syrienne, lorsque les questions économiques étaient réservées aux responsables officiels de l’équipe « haririenne » alors que le dossier de la sécurité était sous-traité au parti de Dieu et aux officiers syriens et libanais. D’ailleurs, Hassan Nasrallah avait clairement émis son souhait de revenir à ce « partage des pouvoirs » lors de son discours du 26 mai dernier.Sauf que ce schéma n’avait guère réussi, la preuve étant que l’un de ses piliers a fini par être assassiné, un certain 14 février 2005.


Saturday, July 26, 2008

Elie Fayad from L'orient Le Jour

Une république dans le congélateur


L'Orient Le Jour - Élie FAYAD

25/07/2008


Plus de deux mois se sont écoulés depuis la signature de l’accord de Doha. Celui-ci avait permis la levée immédiate du sit-in de l’opposition dans le centre-ville de la capitale et l’élection rapide d’un président de la République. Nombreux, à l’intérieur comme à l’extérieur, en déduisirent que le processus de régénérescence des institutions de l’État était désormais enclenché après des mois d’impasse.
La formation d’un gouvernement dit d’« union nationale » nécessita, elle, bien plus de sueur et de temps. On s’offusqua des petits marchandages qui eurent raison des grands principes. C’est oublier que, tant dans son esprit que dans sa lettre, l’accord de Doha ne faisait, au nom du principe sacro-saint du consensus, que consacrer cette pratique au détriment de la Constitution et du système politique libanais.
Le monstre a vu le jour. Certes, on se félicita de ce qu’il fit la part belle en son sein aux chrétiens, tant de la majorité que de l’opposition, et ce pour la première fois depuis bientôt une vingtaine d’années.
Comment pouvait-il en être autrement du moment que sunnites et chiites s’étaient mutuellement neutralisés et que le glacis qui en résulta les contraignit tous deux à céder du terrain aux seuls qui détenaient désormais le pouvoir de faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre, c’est-à-dire leurs alliés chrétiens respectifs.
C’est ainsi que l’on vit le Hezbollah s’effacer devant les appétits du général Michel Aoun et le Courant du futur se dévêtir lui-même pour habiller FL et consorts.
Mais un monstre est un monstre. Sans vouloir le moins du monde sous-estimer ou mettre en doute les qualités individuelles de certains ministres, le gouvernement mis sur pied est monstrueux d’abord du fait même de sa composition et il le sera encore davantage lorsqu’il aura adopté la déclaration ministérielle qu’on est en train de lui concocter.
Là aussi, le marchandage est de rigueur. Il n’est certes plus question de répartir des portefeuilles et des strapontins, mais de placer des mots les uns à côté des autres. Ou les retrancher.
Les uns tiennent par exemple à introduire une phrase de ce type : « Le gouvernement soutient et encourage l’action de la Résistance au Liban-Sud. » Les autres n’en veulent pas du tout et préfèrent la formulation suivante : « Le gouvernement détient le monopole des armes et celui de déclarer la guerre et la paix. »
Comme il n’est pas possible de satisfaire tout le monde en accolant ces deux phrases l’une à la suite de l’autre, il faudra ou bien choisir l’une des deux – ce qui signifierait qu’un camp aurait pris le dessus sur l’autre – ou bien négocier âprement pour arracher un mot par-ci, un autre par-là. Avec le résultat que l’on imagine : forcément monstrueux.
On pourrait bien sûr multiplier les exemples, explorer tous les domaines, on aboutirait à l’unique constat : sous l’appellation fallacieuse d’union nationale, c’est la paralysie nationale qui est au cœur même du projet gouvernemental. Est-ce ainsi que l’on pourra régénérer les institutions de l’État ?
On dira ce qu’on voudra de l’accord de Doha, sauf que c’est un … accord. Ce n’est même pas un mauvais accord. C’est une fumisterie sans équivalent dans l’histoire du pays. Tout au plus une sorte d’arrangement en trompe-l’œil entre deux adversaires épuisés et à bout de ressources et destiné à donner le change à une opinion passablement désabusée et prête à tout avaler pourvu qu’on lui sauve son été.
Tout comme il y aura une autre fumisterie, celle par laquelle on cherchera à donner l’impression d’un pays uni accueillant avec faste des ex-détenus dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne font pas l’unanimité autour de leurs hauts faits d’armes.
À l’heure où les crises s’aggravent, où la déliquescence gagne tous les secteurs, c’est avec de tels faux-semblants que l’on s’apprête à gouverner le pays durant les prochains mois.
Dans ce plaisant tableau, une seule échéance potentiellement porteuse de changement se laisse entrevoir à l’horizon : ce sont les élections législatives du printemps prochain. Jamais un scrutin n’eut d’enjeu aussi immense. Au-delà des hommes et de ce qu’ils représentent, de ce que l’on peut reprocher à la classe politique dans son ensemble et des griefs que l’on peut légitimement avoir au sujet du mode de scrutin et du découpage des circonscriptions, le Liban jouera véritablement son avenir dans ces élections-là.
Une grande partie de l’électorat n’en aura probablement pas conscience. Elle se comportera comme elle l’a toujours fait, les uns votant pour untel « parce qu’il nous rend des services et vient à nos enterrements », les autres boudant les urnes parce que « tous les hommes politiques sont pareils » et les troisièmes se laissant conduire massivement aux bureaux de vote sans se poser trop de questions.
Pourtant, les prochaines législatives seront doublement décisives : pour sortir le pays de la période de léthargie dans laquelle il est entré depuis l’accord de Doha et pour définir l’orientation politique et même philosophique qu’il prendra, peut-être de façon durable, pour ne pas dire définitive.
À condition bien sûr que l’on n’en fasse pas une nouvelle fumisterie.

Saturday, July 19, 2008

Dominic Moran in Tel Aviv for ISN

Lebanon Deal Eases Tensions

Dominic Moran in Tel Aviv for ISN

18/07/2008

The Lebanese political settlement has eased tensions both domestically and in the wider Middle East, promoting movement on a number of diplomatic fronts while contributing to prospects for a potential regional realignment. 


With the makeup of Lebanese Premier Fuad Siniora's cabinet finally decided following weeks of wrangling, a ministerial committee met Thursday to formulate a limited government program, which, it is hoped, will carry the cobbled-together unity administration through to elections expected in spring 2009. 

Lebanon's 18-month political stalemate brought the consociational Lebanese governance system to the brink of collapse, ending in victory for the opposition in Qatar in May. 

Truce 
May's Doha agreement was a major diplomatic coup for the Qatari hosts, whose peripatetic foreign policy initiatives have reportedly caused considerable consternation in the US. 

The deal has also been rightly presented as a major blow to US and Saudi interests in Lebanon and to the allied majority 14 March coalition, which had held out for so long in the face of opposition demands for a veto over government decisions - which Hizbollah and allies enjoy in the new cabinet. 

Nonetheless, it is important not to overstate the impact of the agreement on the alignment of international interests in Lebanon, which remains largely the same. 

"The Doha agreement was a truce, it did not provide for a comprehensive solution to the crisis in Lebanon […] it simply prevented the Lebanese system from totally collapsing," Dr Hilal Khashan from the American University of Beirut told ISN Security Watch in a telephone interview. 

Opposition predominance continued in the grinding coalition formation process, with Hizbollah ally Michel Aoun compensated for his failure to secure the presidency with prominent cabinet posts. In "the formation of the cabinet, the March 14 majority had to make unpleasant concessions," Khashan confirmed. 

The Qatari deal signaled the new-found pre-eminence of the pro-Syrian opposition, confirming the results of sharp armed clashes earlier in the month. It remains to be seen what the long-term impact of this rise in power will be given the fractured state of the Lebanese body politic and rapid warming of Franco-Syrian relations. 

Speaking to ISN Security Watch, the International Crisis Group's Peter Harling was hopeful: "I think the impact [of Doha] has been extremely significant. 

"Unless violence takes over again this conflict will now play out within the framework of Lebanon's institutions, in particular, through the parliamentary elections in 2009 rather than on the streets through armed conflict as was the trend increasingly in the past couple of years." 

Sealing de-escalation 
The Lebanese political deal has arguably played a significant role in facilitating German-mediated Hizbollah-Israeli negotiations on this week's prisoner exchange and Syrian-Israeli talks on the Golan. 

It was no accident that news of ongoing Turkish-mediated talks on the Golan was broken by the Syrians around the time of the Doha summit and that the worsening Lebanese political crisis coincided with the February assassination of Hizbollah military chief Imad Mughniyah in Damascus. 

Wednesday's prisoner and body swap on the Lebanese-Israeli border was presented by Hizbollah as a major victory. However, a more sober assessment reveals that the deal may in fact be good for both sides, bringing down the curtain on the July-August 2006 conflict and lessening the chances for a resumption in hostilities. 

Israel says it is no longer holding Lebanese prisoners. Hizbollah doubts this but, if demonstrated, this means that the primary motivation for Hizbollah cross-border kidnap operations no longer exists. Israel's June negotiations offer to Lebanon also eases tensions despite Beirut's rejection. 

It is no coincidence that Hizbollah's agreement to the prisoner/body swap, which reportedly saw the Shia movement drop its demand for the inclusion of a large number of Palestinian prisoners in the deal, was only achieved in the wake of the Doha agreement and coincided with the formation of the Lebanese unity government. 

Doha also allowed Israel, previously concerned with the impact of the exchange on the 14 March coalition, a freer hand in negotiations despite stated concerns regarding alleged UNIFIL (UN Mission in Lebanon) failures to curb Hizbollah activities in southern Lebanon. 

"Hizbollah's concerns now are domestic […] and Israel knows that," Khashan said, adding, "The release of the hostages and swap of the prisoners means that Israel does not want to focus on Hizbollah right now. Israel wants to focus on the Iranian nuclear project." 

"I don't think that the swap makes much of a difference because Hizbollah doesn't want to take the initiative of a new round of confrontation with Israel at this point," Harling said. 

Saudi quiescence 
Saudi Arabia's primary ally in Lebanon, Saad al-Hariri's Future Movement, was specifically targeted by Hizbollah in its May strikes and is under threat of being outflanked by Sunni Islamist movements, a Beirut analyst told ISN Security Watch recently. 

"The Syrian perspective on this is that there is a real conflict of interests between Syria and Saudi Arabia which is made worse by personal issues," Harling said. In a controversial televised August 2006 address Syrian President Bashar al-Assad called Arab leaders "half-men" for failing to support Hizbollah during the group's conflict with Israel war. 

"The Doha agreement is perceived by the Saudis as a defeat," Harling said, adding, "It doesn't think it makes the relations between the two countries [Syria/Saudi Arabia] any better." He added that Syria appeared to be seeking a normalization of relations with the Saudis but that the understanding in Damascus was that "this will be difficult and take time." 

Egypt has reportedly been seeking a mediating role between the Saudis and Syrians, with no ostensible signs of progress. 

Khashan believes that "Syria has been making an effort so that the moderate Arab states will rehabilitate Syria in the Arab world. Syria would not part from Iran if she did not expect to improve her relations with Saudi Arabia and Egypt." 

Embracing Syria 
Last weekend's inaugural Mediterranean Union meeting in Paris constituted something of a coming out party for Syrian President Bashar al-Assad after years of isolation. 

French President Nicolas Sarkozy has led moves to rapidly rehabilitate bilateral ties with Syria. France played a key role in failed mediation efforts between Lebanese factions. 

"The Doha agreement has had a very spectacular impact on French policy," Harling said. "The French have initiated a phase of all-out normalization with Syria." 

The French post-Doha reversal is significant as Paris suspended diplomatic ties with Damascus in late December at the height of the Lebanese political crisis, accusing Damascus of blocking the election of a new Lebanese president. 

"The French are dealing with the Syrians on the basis of a green light from the Americans otherwise they wouldn't have gone that far in communicating with the Syrians," Khashan said. 

French President Nicholas Sarkozy reportedly told Lebanese President Michel Suleiman in Paris that he had "placed bets on trusting Bashar [al-Assad]," but that ongoing French support for the normalization process was attendant on the Syrian leader delivering on his commitments. 

These commitments include the swapping of ambassadors and demarcation of the Lebanese-Syrian border, important symbolic moves of limited practical significance. 

Divorce? 
Iran, which has sought to tighten economic and diplomatic relations with Damascus in recent years, is increasingly showing signs of concern that Syria could be on the verge of shifting foreign policy positions in a manner that would damage Iranian regional interests. 

An advisor to Iranian Supreme Guide Ali Khamenei warned this weekthat "fundamental consequences and changes" would occur in bilateral Iranian-Syrian relations should it sign a peace deal with and recognize Israel. 

Khashan believes that "a divorce is underway between Iran and Hizbollah on one hand and the Syrians on the other. It is a quiet divorce and the two sides are keeping up appearances and claiming nothing is wrong. 

"Iran right now is trying to ensure that Hizbollah will continue to exist as a military force without using Syria as a conduit for supplying aid to Hizbollah," he said. 

Asked whether the Iranian-Syrian alliance was at risk, Harling said, "It is a very pragmatic relationship. It is not deeply ideological. […]. Iranian and Syrian interests are not identical in Iraq, in Lebanon, in Palestine, so tensions arise on a regular basis but I think that is part of the mode of this relationship. 

"The coordination between the two countries is deep enough for these tensions to be leveled out," he concluded. 

Awaiting Washington 
Syria hopes that the post-Doha French embrace and gradual warming of relations with other major European states will establish the basis for the resumption of ties with the US. 

Israel's decision to push ahead with Turkish-mediated talks on the future of the Golan Heights places pressure on Washington to relent and engage directly as Syria has made it clear that it will not agree to direct negotiations with Israel without direct US involvement. 

Al-Assad gave a clear message to both the US and Iran of his willingness to engage at the Paris talks and Bastille Day festivities. While avoiding direct interaction with Israeli Premier Ehud Olmert, he reportedly allowed messages to be passed via Turkish President Recep Erdogan and a photo-op on the Bastille Day podium with Olmert standing only meters away. 

A US-Syrian rapprochement is required to cement the gains made through the establishment of the Lebanese unity government but looks unlikely to occur ahead of the inauguration of a new US president next January; with Israeli political ructions also easing pressure for an immediate US policy shift. 

Harling argues that the US "focus is very much Iraq and Iran, and Syria is not seen by the current administration as anything more than a spoiler and an irritant. I don't think there is any appetite there for engagement and I don't think there is much time anyway to achieve anything." 

"Under the next administration, to me there is no doubt that […] engagement with Syria will take place, if only over Iraq," he said. 

"The Syrians want American approval and recognition," Khashan said. He believes that after the new US administration takes office and Syrian-Israeli talks pick up pace, "the Syrians will insist on US involvement and that will definitely come."