En rire ou pas
L'orient le Jour
21/11/2008
Le général Michel Aoun comparant sa visite projetée en Syrie à celle de Charles de Gaulle dans l’Allemagne de l’après-guerre ? Voici ce qu’un lecteur nous écrit au sujet de cet improbable parallèle : « Quelqu’un de bien connu a dit qu’il faudrait rire au moins une fois par jour pour rester en bonne santé. Merci infiniment au général Aoun pour contribuer régulièrement à notre bien-être. »
Il y en a qui en rient, il y en a qui en pleurent. Certains applaudissent et d’autres hurlent à la « mégalomanie ». D’aucuns font même de la surenchère : à leurs yeux, de Gaulle n’est pas à la hauteur, c’est à Jules César qu’il faut remonter pour trouver matière à comparaison. Pendant qu’en face, on évoque une fable de La Fontaine où il est question d’une grenouille et d’un bœuf.
Dans un registre moins excessif, plus argumenté, certains lecteurs s’interrogent : de Gaulle s’était rendu dans une Allemagne vaincue et dénazifiée, une Allemagne où des troupes françaises étaient encore stationnées. À qui Michel Aoun rend-il visite ? Au pays des Assad ou à celui de Michel Kilo ?
Une chose est sûre : au vu des réactions que ses diverses interventions suscitent, le général Aoun ne laisse quasiment personne indifférent. Rares sont les hommes politiques qui suscitent autant d’éloges dithyrambiques que de sarcasmes au vitriol.
Et cette tendance est précisément en plein essor en cette phase préélectorale, dans laquelle le chef du CPL se retrouve en permanence au centre de l’actualité. La raison en est bien simple : ses alliés ne pouvant faire, électoralement parlant, davantage que leur plein – déjà atteint –, c’est son score à lui, et à lui seul, qui déterminera la victoire ou la défaite du projet politique du Hezbollah aux prochaines législatives.
Car le doute n’est plus permis : l’énigmatique troisième voie, que le général affirmait vouloir rechercher aux débuts de l’actuelle législature, est déjà très lointaine. Par choix ou par contrainte, le CPL s’est laissé glisser lentement mais sûrement dans le sillage du parti de Dieu jusqu’à en épouser souvent les vues et la rhétorique.
Or cette évolution ne s’est pas faite sans reniements successifs, le plus lourd de conséquences n’étant peut-être pas la visite programmée en Syrie, mais plutôt le document du général Aoun sur la stratégie défensive.
Laissons de côté la vision martiale (et spartiate) de la société et du pays que développe le général dans ce texte. Elle fait déjà l’objet d’une littérature, pour ou contre, de plus en plus approfondie et volumineuse. Après tout, c’est sa conception, et elle est partagée par de nombreux Libanais. Même si elle relève d’un volontarisme qui heurte les sentiments de nombreux autres Libanais dans ce qu’elle comporte de relents totalitaires.
Attardons-nous simplement sur un passage qui témoigne de l’ampleur des reniements opérés et qui dit combien Michel Aoun n’est plus lui-même : « (…) La tentative d’Israël de désarmer la Résistance afin de contrôler le pouvoir de décision libanais et, partant, d’imposer ses solutions dans le contentieux avec le Liban et les Palestiniens. Il est aidé en cela par la communauté internationale qui s’emploie à mettre en œuvre de manière sélective les résolutions (du Conseil de sécurité) en insistant sur l’application des textes récents et en ignorant les anciens (…). »
Ne parlons pas de l’époque où il vantait sa contribution personnelle à l’une de ces résolutions récentes (la 1559), ni de celle où, fraîchement élu à la Chambre, il ouvrait le premier le feu sur l’arsenal du Hezbollah, alors que certains piliers du 14 Mars en étaient encore à quêter piteusement les impossibles fruits de la désastreuse « alliance quadripartite ».
« La tentative d’Israël de désarmer la Résistance (…) » : ainsi, le général partage aujourd’hui le mépris du Hezbollah pour tous les Libanais hostiles à son arsenal. Ils n’existent tout simplement pas ! Pis encore : ils sont sous-entendus dans le mot « Israël » !
Voilà bien le genre de déclarations qui sied à une table de « dialogue » !
Mais il y a plus grave encore : de tout temps, le Liban officiel, et en particulier le général Aoun, s’est accroché aux résolutions onusiennes concernant ce pays comme à une planche de salut afin de fuir la trappe que constituent pour lui les textes plus globaux relatifs au Proche-Orient. Les premiers étaient perçus comme raffermissant son indépendance, son immunité intérieure, alors que les seconds le consacraient dans le rôle de théâtre de règlements de comptes régionaux. On se souvient d’ailleurs du combat mené par le général et ses partisans pour faire prévaloir la résolution 520. Tout comme on se souvient des efforts permanents de la Syrie – ils se poursuivent à l’heure actuelle – pour contrer les résolutions « libanaises ».
De tout temps, le Liban officiel s’est accroché à ces dernières… jusqu’à Émile Lahoud. Après le retrait israélien du Liban-Sud, en 2000, ce président fut véritablement le premier à inverser la donne, à jouer la carte du maintien du Liban dans la sphère de jeu de l’axe syro-iranien.
Il y a quelque temps, il a été écrit que le « aounisme » est devenu aujourd’hui la « phase ultime » du « lahoudisme ». Avec une énorme différence : Émile Lahoud ne draine pas les foules. Michel Aoun, si.
Or justement, au vu de l’évolution de son discours politique, il y a un terrible contraste entre la stature apparente qu’a atteinte le général Aoun et le poids réel du rôle qu’il a à jouer. Les superlatifs – positifs ou négatifs – que l’on sort à tout bout de champ à son sujet finissent par dissimuler l’enjeu véritable qu’il représente aujourd’hui, celui d’un simple appoint.
Certes, on a besoin de lui pour gagner les élections, mais c’est à peu près tout ce qu’on lui demande. Si l’opposition gagne, ce seront les options du Hezbollah qui seront au pouvoir, et si elle perd, c’est au général que la défaite sera forcément imputée, puisque les vraies batailles n’auront lieu que dans les circonscriptions chrétiennes.
Derrière l’écran de fumée, se cache une réalité tangible : Hassan Nasrallah a réussi une gageure. Il recrute même en temps de paix.
1 comment:
La grande fable c’est ce même quotidien qui n’a pas réussi à agrandir ou même garder son éventail de lecteurs car beaucoup de francophones comme moi ne lisent même plus son titre chez le libraire ; et si j’écris aujourd’hui c’est suite à des proches qui m’envoient de temps en temps ces fameux éditoriaux répétitifs qui ne font que rendre plus petit leurs écrivains ainsi que le quotidien lui-même !
Je respecte tous les avis politiques, mais quand ceci tombe dans un matraquage perpétuel visant un seul personnage de la scène politique, ceci devient nauséabond. C’est un complexe de ces mêmes écrivains qui n’arrivent pas à concevoir comment ils n’ont pas pu écraser avec leurs idées majestueuse un leader, un courant politique et leur mouvement populaire.
Je veux bien accepter que le General Aoun ait aliéné un tas de gens par ces positions des trois dernières années, mais de la à continuellement vouloir limiter ces actions dans le cadre de son suivisme envers le Hezbollah et la Syrie c’est vraiment qu’on vit dans le royaume des borgnes.
Pourquoi ne pas faire l’avocat du diable, vous, les éditorialistes du courant du 14 Février et essayer de comprendre aussi une autre lecture des dernières années, et une autre lecture des solutions à prôner ?
Est-ce que ces avocats, ingénieurs, docteurs, et tous les supporters du CPL veulent l’annexion avec le Hezbollah, ou de suivre la Syrie de Assad ? Ne sont ils pas conscients de tous les dangers qui guettent ce pays ? Ne veulent ils pas trouver la voie de la paix durable ? Ne veulent ils pas la vrai indépendance de ce pays ?
La Syrie de Assad ou de Michel Kilo se demande E.Fayad !
Pourquoi voit il plus de liberté en Arabie Saoudite ? ou en Egypte ? Ceci montre le double standard de certaines plumes politiques qui étaient supposées rester plus objectives.
En fait, comme toute la classe politique qu’ils glorifient, la seul stratégie de ses plumes consiste a créer la peur des Libanais en général et chrétiens en particulier envers la Syrie et L’Iran d’un cote et du « plan Hezbollah » de l’autre.
Toute leur vision politique se limite a rabâcher les mêmes histoires sans pour autant faire une évaluation exhaustive, logique, et impartiale et tirer les conséquences de décades d’une classe politique pourrie.
Tout leur intellect se limite la plupart du temps à vouloir faire les « intéressants « en ironisant et diabolisant le General Aoun. Ne voient ils pas qu’à force d’user de cela ils ne font que plonger dans une certaine médiocrité ?
J’aimerai bien lire un jour des articles de Ms Fayad et Makhoul ironisant Joumblatt, Geagea, Hariri et j’en passe. Ou sont ils des idéaux et le seul mal de ce pays c’est le General Aoun ?
Qu’est ce que la politique américaine a apporte au Liban en général et aux chrétiens en particulier au courant des dernières 50 années ?
Ou sont les chrétiens du Moyen Orient ?
Qui est responsables des pires tueries durant les guerres modernes du Liban ?
Qui a collaboré avec les Syriens et/ou Israéliens ?
Avec quelle Syrie ses « nouveaux indépendantistes » ont-ils collaboré ? N’est elle celle de Khaddam sous H.Assad ? N’est ce pas qu’ils collaboreront de nouveau si ce même Khaddam prenait le pouvoir ?
D’ailleurs, est ce seulement la faute a Khaddam et sa clique ?
Qui a ruine l’économie du pays ? Et comment s’est bâtie sa dette financière ?
Qui s’est accaparé les richesses de ce pays ?
Qui a été et continue de l’être la source même, l’instigateur et l’instrument de la corruption généralisée dans ce pays ?
Qui veut tuer la mémoire collective de tout un peuple ?
Qui fais plus peur , le Hezbollah Libanais qui ne s’est jamais intervenu dans les guerres inter libanaises ou les Palestiniens avec une implantation sur de bons rails quoiqu’on nous raconte ?
Avec quelles forces, le Liban pourra négocier sérieusement Israël et l’ONU dans l’avenir pour empêcher cette implantation ?
Dans quel milieu vivent toutes les forces terroristes du Fateh el Islam et compagnons ?
Comment et qui s’est accaparé les pouvoirs du Président de la République ?
Que E.Fayad . Z.Makhoul et leurs collègues cherchent à répondre à ses questions à la place de se lancer dans des petites guerres « intellectuelles » lâches et stériles .
Oui, le General Aoun ira en Syrie la tète haute, car il n’a jamais collaboré et sa vision de 1990 n’a été que juste.
Oui , il peut comparer sa visite sujétion celle de De Gaulle a l’Allemagne de l’après deuxième guerre. Il est malsain de regarder juste le fait que De Gaulle a visité une Allemagne Nazie anéantie et brisée et de ne pas voir le courage d’aller rencontrer Adenauer pour mieux bâtir l’avenir de l’Europe !
Ou bien E.Fayad et ses compagnons de plumes attendent le changement de régime en Syrie pour aller la bas ? Pourquoi alors ne pas attendre changer tous les régimes dictateurs au Moyen Orient pour pouvoir les visiter ?
Le plus insolent est de se taire ou de ne pas se lancer dans des diatribes quand notre Président visite la Syrie ou L’Iran mais que tout ce que touche le General Aoun de proche ou de loin devient diabolique, « petit », suivisme, ….
Le General Aoun est le seul politicien qui a su lire l’histoire moderne de notre pays et tirer les conséquences . Il cherche à ne pas répéter les mêmes erreurs . Il a au moins le courage de prendre des actions contre courant « émotionnel « car il a « une certaine vision du Liban ». Cette même vision qui manque à presque tous ceux que vous glorifiez ; car ceux la savent chanter des poésies mais sont bien loin dans leurs actions, et leur passé de ce qu’est un Pays, une Nation, un Peuple !
Lisez bien le message de Jean Paul II , regarder bien les effets néfastes d’une certaine ligne politique, analysez bien les changements qui se passent, analysez bien le mouvement mondial, et ne vous limitez pas à un regard obtus à travers un tout petit angle !
Assez de porter atteinte aux QI de la majorité de vos concitoyens. Apres 17 ans d’une politique qui a ruiné ce pays à tous les niveaux (social, politique, économique, environnement,…) , cherchez plutôt à trouver les vrai raisons et les instigateurs.
Pour le management bienveillant de l’Orient Le Jour, je voudrai dire que le seul perdant de tous ses articles est le quotidien lui-même qui fait aujourd‘hui fuir une grande partie de Libanais francophones. Ayez le courage d’avoir un équilibre dans vos éditorialiste ou je ne peux nommer que Scarlett Haddad qui est restée objective. C’est bien insuffisant pour montrer que votre grand et historique quotidien couvre tous les francophones de ce pays d’une manière objective, impartiale et neutre.
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