Tuesday, September 2, 2008

Michel Touma from L'Orient le Jour

PERSPECTIVE - Entre libanisation et hezbollahisation

L'Orient le Jour
01/09/2008

Lorsque le Courant patriotique libre a signé le 6 février 2006 le « document d’entente » avec le Hezbollah, il a tenu à préciser avec insistance, dans un premier temps, qu’il ne s’agissait là nullement d’une alliance entre les deux formations, mais plutôt d’une sorte de déclaration de principes commune. Et pour faire avaler à l’opinion publique la couleuvre de cette démarche politiquement contre nature, certains cadres du CPL entretenaient l’illusion selon laquelle l’objectif recherché était de stimuler une « libanisation » du Hezbollah, reconnaissant ainsi implicitement l’existence d’un problème sur ce plan. Trop contents de bénéficier ainsi d’une couverture chrétienne inespérée, les dirigeants du parti pro-iranien ont rapidement qualifié leur nouvelle relation d’alliance stratégique, n’hésitant pas à mettre sur le devant de la scène le général Michel Aoun à chaque fois qu’une position tactique quelque peu délicate devait être prise par le 8 Mars.
Emporté par la dynamique implacable enclenchée le 6 février 2006, le chef du CPL n’a pas tardé à placer ses liens avec le Hezbollah sous le label d’« alliance éternelle ». Et la politique étant indubitablement la résultante d’un rapport de force, en guise de libanisation de la formation chiite, c’est plutôt à un étrange phénomène de hezbollahisation du CPL auquel nous avons assisté. La dernière en date des manifestations de cette hezbollahisation a été la réaction du courant aouniste à l’agression caractérisée perpétrée par les miliciens du Hezbollah contre un hélicoptère de l’armée dont le pilote a été abattu. Alors que, à titre d’exemple, l’ancien Premier ministre Sélim Hoss, connu pour ses positions mitigées et prudentes, a adopté une attitude très ferme au sujet de cette attaque, le CPL a entrepris de publier un communiqué particulièrement laconique de quatre lignes, se contentant de déplorer l’incident et de réclamer timidement qu’une enquête soit menée par les autorités concernées, sans faire aucunement mention des circonstances du drame ou de ses auteurs.
Qu’un courant qui était jadis à l’avant-garde de la mouvance souverainiste en vienne à banaliser de cette façon une agression aussi grave que celle de Sejoud, cela ne peut avoir qu’une seule explication, à savoir que ce courant est devenu l’otage, essentiellement électoral, du Hezbollah. D’autant que son chef était commandant de l’armée et que son leitmotiv était précisément la prééminence de l’État et de l’armée face à toute milice ou faction cherchant à imposer un mini-État de fait accompli dans le pays. Un tel leitmotiv n’était-il pas d’ailleurs le prétexte brandi haut et fort (surtout avec force) pour justifier les deux batailles successives menées en 1989 et 1990 ? Un leader a, certes, le droit de changer de comportement. Mais en général, il est préférable que cela se fasse dans la bonne direction et non pas à contre-courant de l’histoire…
Il reste que bien au-delà de telles considérations d’opportunismes politiques et de calculs politiciens, l’affaire de l’hélicoptère a mis en évidence, d’une manière dramatique, le caractère chimérique du principe prôné désormais ouvertement par le général Aoun, portant sur la « complémentarité » entre l’armée et la « Résistance » (en l’occurrence le Hezbollah). Car, comme le soulignait hier en substance l’ancien député Salah Honein dans une interview à La Voix du Liban, il ne saurait y avoir de complémentarité entre une thèse et son antithèse, entre deux forces armées ayant chacune son propre projet politique, pas nécessairement convergent avec l’autre.
Dans des cas extrêmes, une coordination bien huilée pourrait être, à la rigueur, envisageable entre des troupes gouvernementales et une forme de résistance populaire, mais à la condition que la décision de guerre et de paix soit du seul ressort de l’autorité centrale, que la chambre d’opérations militaires relève uniquement de l’armée régulière et que – plus important encore – la résistance en question soit celle de toutes les composantes nationales, et non pas celle d’un seul et unique parti. Surtout lorsque ce parti s’obstine à refuser que quiconque puisse ne fût-ce que discuter du « droit » qu’il s’est lui-même arrogé, par la force des armes, de monopoliser tout acte de résistance. Et de surcroît, cette complémentarité défendue par le général Aoun constitue une véritable insulte à l’intelligence des Libanais du fait que, de par son financement, ses racines, sa structure, son idéologie, la source de son armement, le soutien logistique, politique et matériel qu’il reçoit, le Hezbollah est organiquement tributaire, dans ses grandes décisions politiques, d’un mentor régional qui ne cache pas sa volonté de transformer le Liban en un terrain d’affrontements avec ses divers adversaires géopolitiques, occidentaux ou arabes.
L’agression de Sejoud a ainsi illustré, dans le sang, à quel point il est illusoire de concilier la logique de l’État central, rassembleur, avec celle d’un parti armé, motivé dans son comportement, et, depuis des décennies, par un projet supranational et une raison d’État étrangère. Le lieutenant Samer Hanna aura payé de sa vie cet antagonisme incontournable entre les impératifs d’une armée nationale, seule garante de la souveraineté, et la logique, conditionnée par des paramètres régionaux, d’une faction paraétatique qui s’emploie, pas à pas, progressivement, lentement, de façon pernicieuse, à accroître l’étendue des lignes rouges et des contraintes qu’elle cherche à imposer à l’État. Car irrémédiablement, le champ de son influence ne peut être qu’inversement proportionnel à celui du pouvoir central.

Michel Touma

2 comments:

Anonymous said...

Michel Touma a t il avale la couleuvre quand ses maitres formaient si joyeusement une alliance quadripartite en 2005 ? ce n'etait pas une hizbolasisation qui leur a donner la majorite parlementaire convoitee ? avec une couleuvre plein la bouche Touma ose nous donne une lecon :" d’opportunismes politiques et de calculs politiciens" lorsqu'il sagit du CPL/Hizbolla , croyant piteusement et aveuglement a l'idiotie de l'opinion publique .

Michel Touma n'a t il pas aussi avaler la couleuvre lorsque nos soldats ont ete massacre voire egorges a nahr al bared par ces terroristes confortablement instales sur notre territoire au vu et au su du gouvernement siniora sans jamais lever le doigt ou demander des investigations ? les criminels on disparu par magie quel bonheur .

Michel Touma a t il avale la couleuvre lorsqu'un bus explose a tripoli dechiquetant 10 de nos soldats et laissant des dizaines de blesses ? Touma ou etiez vous ? en vacance ou occupe a avaler la couleuvre ?

tous ces evenements tragiques qui se sont abatus sur notre armee n'ont pas fait reagir Michel Touma ne l'ont pas revoltes ne l'ont meme pas fait ecrir un bout d'article pour crier : justice . pour avoir si longtemps avaler des couleuvres la conscience Toumayenne souffre aujourdhui d'amnesie chronique mais joyeusement selective elle se reveil comme par miracle devant un accident hisbolaiste tout juste bon pour attaquer le CPL .quel merveille les journalistes de nos jours !

nul ne nie ni accepte ni adopte ni deffend l'accident qui a couter la vie a un Capitaine de l'armee libanaise , mais justice pour justice il aurai etait mieux si Touma avait si fortement demander des comptes au gouvernement Siniora lorsque nos soldats ont ete la cible de terroristes salafistes chouchoutes, gaves et sponsorises sous le nez des Hariristes qui detiennent le pouvoir .

Touma a vicieusement oublie que le Hizb a reconu sa faute et a bel et bien remit l'accuse aux autorites Libanaises, il a tout aussi oublier que ceux qui ont egorges nos soldats a nahr al bared courent toujours librement ainsi que ceux qui ont fait exploser le bus a tripoli , cela sans parler de l'incompetence honteuse et des "investigations steriles" qui ont suivi tout explosion et chaque assassinat ca doit etre l'effet d'une grosse couleuvre qui bloque la conscience !!!!!.

l'opinion publique a deja avaler plein de couleuvres qui ont fifni par lui causer une indigestion ecoeurante !

Lebanese From Abroad said...

Vous exprimez de la ségrégation religieuse dans votre argument contre l'alliance en question. Hezbollah a l'origine est un groupe de Libanais du sud, néglige par un régime incompétent. Ils se sont réfugiés dans des alliances externes à cause de l'égalité et du respect qui leur manquaient dans leur propre terre. Le CPL y remédie, en les traitants en égaux. Les individus qui ont commis le crime de Sejoud ne sont pas une excuse pour que vous humiliiez une communauté entière du Liban. Telle est la définition du préjugé. Le dialogue
Hezbollah-CPL a été initié en 1992 par les idéalistes du CPL. Ils n'avaient tous-deux aucun attachement au vieux-Liban et ses injustices. Il n'avait ni vielles fortunes à Beyrouth ni vielles gloire politiques au Metn. Ils savaient qu'il est temps de laisser tomber les gloires passées, et le system de castes Libanaise injuste. Alors vous voyer, Monsieur Touma, l'alliance dont il s'agit n'est pas contre-nature. Si vous le penzez c'est a cause d'un manque de resource, une source, sur l'internet, ou vous auriez pu lire l'histoire du dialogue Hezbollah-CPL. Domage qu'une telle resource n'existe pas.