Le tandem Hezbollah-CPL revient
à l’attaque dans un parfait unisson
28/07/2008
L'orient Le Jour
«Nous aspirions à un gouvernement d’union nationale. Mais en toute franchise, nous ne réclamons plus l’union nationale, mais simplement un partenariat dans la prise des décisions »…
C’est en ces termes que le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a sonné le glas de l’aberration constitutionnelle et politique, généreusement baptisée par l’accord de Doha « gouvernement d’union nationale ».
Il était certes évident dès le début, dès la parution du décret de formation du second cabinet Siniora, que le nouvel organe exécutif était voué à l’échec, à la paralysie, car, comme l’a relevé le patriarche maronite, « une voiture ne peut être attelée à deux chevaux dont l’un tire vers l’avant et l’autre vers l’arrière ». Néanmoins, un semblant de cohésion, de collaboration était préservé par les différents chefs de file et responsables des deux camps qui s’étaient évertués à maquiller leurs divergences intrinsèques et à refléter une ambiance « positive ». Même Hassan Nasrallah avait mis la main à la pâte, lors de sa dernière allocution, en se disant prêt à prendre « personnellement » part à toute discussion qui puisse aboutir à des résultats permettant de consolider l’union nationale.
Mais le parti de Dieu, par le truchement de son tonitruant député Mohammad Raad, a porté un sérieux coup à la détente globale. En effet, il a dénué de tout sens le débat au sein de la commission de rédaction de la déclaration ministérielle ainsi que le futur dialogue national à Baabda, en soulignant hier qu’« il n’y a pas de Liban sans Résistance ». Mohammad Raad a donc imposé une conclusion péremptoire à toute négociation autour de la stratégie de défense nationale d’autant qu’il a martelé que « la Résistance est un choix inéluctable et toutes les autres options sont vouées à l’échec ».
Le député du parti de Dieu a également versé de l’huile sur le feu et attisé la polémique stérile qui s’était progressivement dissipée avec l’élection du président Sleiman et la formation du nouveau cabinet. Il a en effet fait clairement allusion à l’épisode douloureux de la campagne militaire de son parti contre Beyrouth et la Montagne, en accusant ceux qu’il s’est « abstenu de qualifier de traîtres » de « tenter de faire du bruit autour des armes de la Résistance pour attirer l’attention de ceux qui les ont abandonnés, lorsque leur projet a été vaincu ».
Des propos similaires à ceux de Mohammad Raad ont été tenus simultanément par différents ténors du 8 Mars et notamment les ministres Mohammad Khalifé, Talal Arslane, l’ancien ministre Wi’am Wahhab ainsi que divers responsables du parti de Dieu. Étrangement, ce durcissement public des positions de l’ancienne opposition intervient au lendemain de la déclaration qualifiée d’ « embarrassante » par Walid Joumblatt du vice-président iranien, Reza Aghazadeh, qui avait affirmé jeudi que « si les négociations démarraient avec la communauté internationale sur le nucléaire iranien, des solutions seraient trouvées pour des problèmes comme l’Irak, le Liban et le pétrole ».
Les attaques verbales du 8 Mars contre le 14 Mars seraient-elles liées à la « révélation » du responsable iranien ? L’Iran chercherait-il à provoquer une escalade au Liban dans l’espoir d’astreindre l’Occident à lui accorder des concessions ?
L’on ne saurait le dire. Mais ce qui demeure certain, c’est que la montée au créneau du Hezbollah révèle l’échec des négociations bilatérales menées par Fouad Siniora le week-end écoulé et que les divergences au sein de la commission de rédaction sur le « droit » de la « Résistance » à poursuivre la lutte armée restent entières. Le nœud du problème réside dans le fait que le parti de Dieu exige une « inscription claire » dans la déclaration du « droit de la Résistance à libérer le territoire », alors que la majorité rejette tout retour à la formule avalisée par le précédent gouvernement. De source informée, on indique que le Hezbollah aurait rejeté trois propositions en la matière, élaborées, non sans l’aval de Nabih Berry, grâce aux contacts conduits par le Premier ministre, Fouad Siniora. Et la commission de rédaction qui s’est réunie hier pour la neuvième fois n’a toujours pas réussi à s’entendre sur la question à propos de laquelle les « désaccords persistent », comme l’a annoncé le ministre de l’Information Tarek Mitri à la presse, depuis le Grand Sérail.
De plus, la tâche de la commission a été compliquée par « les propos guerriers du député Raad qui a tenté d’exercer des pressions et de menacer » l’instance chargée de rédiger la déclaration ministérielle, selon les termes employés par le ministre Nassib Lahoud. Tarek Mitri a également dénoncé de son côté « le retour au langage menaçant de l’avant-Doha ». Et le chef du PSP a pour sa part jugé « inadmissible » le discours du chef du bloc Hezbollah « qui a clairement affirmé que tout refus de l’adoption de la précédente déclaration ministérielle serait un acte de félonie ».
Le dynamitage de Paris III par le CPL
C’est en ces termes que le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a sonné le glas de l’aberration constitutionnelle et politique, généreusement baptisée par l’accord de Doha « gouvernement d’union nationale ».
Il était certes évident dès le début, dès la parution du décret de formation du second cabinet Siniora, que le nouvel organe exécutif était voué à l’échec, à la paralysie, car, comme l’a relevé le patriarche maronite, « une voiture ne peut être attelée à deux chevaux dont l’un tire vers l’avant et l’autre vers l’arrière ». Néanmoins, un semblant de cohésion, de collaboration était préservé par les différents chefs de file et responsables des deux camps qui s’étaient évertués à maquiller leurs divergences intrinsèques et à refléter une ambiance « positive ». Même Hassan Nasrallah avait mis la main à la pâte, lors de sa dernière allocution, en se disant prêt à prendre « personnellement » part à toute discussion qui puisse aboutir à des résultats permettant de consolider l’union nationale.
Mais le parti de Dieu, par le truchement de son tonitruant député Mohammad Raad, a porté un sérieux coup à la détente globale. En effet, il a dénué de tout sens le débat au sein de la commission de rédaction de la déclaration ministérielle ainsi que le futur dialogue national à Baabda, en soulignant hier qu’« il n’y a pas de Liban sans Résistance ». Mohammad Raad a donc imposé une conclusion péremptoire à toute négociation autour de la stratégie de défense nationale d’autant qu’il a martelé que « la Résistance est un choix inéluctable et toutes les autres options sont vouées à l’échec ».
Le député du parti de Dieu a également versé de l’huile sur le feu et attisé la polémique stérile qui s’était progressivement dissipée avec l’élection du président Sleiman et la formation du nouveau cabinet. Il a en effet fait clairement allusion à l’épisode douloureux de la campagne militaire de son parti contre Beyrouth et la Montagne, en accusant ceux qu’il s’est « abstenu de qualifier de traîtres » de « tenter de faire du bruit autour des armes de la Résistance pour attirer l’attention de ceux qui les ont abandonnés, lorsque leur projet a été vaincu ».
Des propos similaires à ceux de Mohammad Raad ont été tenus simultanément par différents ténors du 8 Mars et notamment les ministres Mohammad Khalifé, Talal Arslane, l’ancien ministre Wi’am Wahhab ainsi que divers responsables du parti de Dieu. Étrangement, ce durcissement public des positions de l’ancienne opposition intervient au lendemain de la déclaration qualifiée d’ « embarrassante » par Walid Joumblatt du vice-président iranien, Reza Aghazadeh, qui avait affirmé jeudi que « si les négociations démarraient avec la communauté internationale sur le nucléaire iranien, des solutions seraient trouvées pour des problèmes comme l’Irak, le Liban et le pétrole ».
Les attaques verbales du 8 Mars contre le 14 Mars seraient-elles liées à la « révélation » du responsable iranien ? L’Iran chercherait-il à provoquer une escalade au Liban dans l’espoir d’astreindre l’Occident à lui accorder des concessions ?
L’on ne saurait le dire. Mais ce qui demeure certain, c’est que la montée au créneau du Hezbollah révèle l’échec des négociations bilatérales menées par Fouad Siniora le week-end écoulé et que les divergences au sein de la commission de rédaction sur le « droit » de la « Résistance » à poursuivre la lutte armée restent entières. Le nœud du problème réside dans le fait que le parti de Dieu exige une « inscription claire » dans la déclaration du « droit de la Résistance à libérer le territoire », alors que la majorité rejette tout retour à la formule avalisée par le précédent gouvernement. De source informée, on indique que le Hezbollah aurait rejeté trois propositions en la matière, élaborées, non sans l’aval de Nabih Berry, grâce aux contacts conduits par le Premier ministre, Fouad Siniora. Et la commission de rédaction qui s’est réunie hier pour la neuvième fois n’a toujours pas réussi à s’entendre sur la question à propos de laquelle les « désaccords persistent », comme l’a annoncé le ministre de l’Information Tarek Mitri à la presse, depuis le Grand Sérail.
De plus, la tâche de la commission a été compliquée par « les propos guerriers du député Raad qui a tenté d’exercer des pressions et de menacer » l’instance chargée de rédiger la déclaration ministérielle, selon les termes employés par le ministre Nassib Lahoud. Tarek Mitri a également dénoncé de son côté « le retour au langage menaçant de l’avant-Doha ». Et le chef du PSP a pour sa part jugé « inadmissible » le discours du chef du bloc Hezbollah « qui a clairement affirmé que tout refus de l’adoption de la précédente déclaration ministérielle serait un acte de félonie ».
Le dynamitage de Paris III par le CPL
L’infrastructure militaire du parti de Dieu n’est cependant pas l’unique obstacle auquel se heurte le processus d’élaboration de la déclaration ministérielle. Une source digne de foi a indiqué à L’Orient-Le Jour que le ministre des Télécoms et haut responsable du CPL, Gebran Bassil, a exigé « la suppression pure et simple des accords conclus à Paris III ». « Après de longues discussions, Gebran Bassil a légèrement reculé en revendiquant l’annulation du programme de réformes que le gouvernement s’était engagé à appliquer lors de la conférence Paris III. Ceci reste toutefois complètement inadmissible pour le 14 Mars », a précisé cette source.
Il convient de rappeler que ledit programme a été présenté par le Liban aux pays donateurs et aux instances financières internationales. L’engagement du pays à l’exécuter a constitué une condition sine qua non de l’obtention des aides financières accordées à Paris III. Son abrogation équivaut à la violation par Beyrouth de ses obligations internationales et met dangereusement en péril le versement des dons et prêts qui ont permis au Liban d’éviter de justesse la faillite et de continuer à honorer les paiements dus au titre du remboursement de la dette souveraine. Autrement dit, la reconsidération du programme de réformes nuirait sévèrement à la réputation du Liban sur les marchés financiers, priverait le pays d’une grande partie de la manne de Paris III et le mettrait au bord du défaut de paiement.
Pour la source précitée, l’exigence de Gebran Bassil « est surréaliste et impossible à satisfaire, chose que tout le monde sait ».Pourquoi le CPL a-t-il donc formulé cette demande ?Pour plusieurs observateurs, la revendication du ministre aoriste s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de négociations adoptée par le Hezbollah et le Courant patriotique libre. Ces derniers chercheraient à imposer à la majorité l’équation suivante : le maintien du programme de Paris III ne se fera qu’en échange de la reconnaissance des « droits de la Résistance ».Cette attitude répond clairement au schéma qui prévalait sous l’occupation syrienne, lorsque les questions économiques étaient réservées aux responsables officiels de l’équipe « haririenne » alors que le dossier de la sécurité était sous-traité au parti de Dieu et aux officiers syriens et libanais. D’ailleurs, Hassan Nasrallah avait clairement émis son souhait de revenir à ce « partage des pouvoirs » lors de son discours du 26 mai dernier.Sauf que ce schéma n’avait guère réussi, la preuve étant que l’un de ses piliers a fini par être assassiné, un certain 14 février 2005.
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